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 Protèger l'Innocence {PV}

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Salvar Sulayman
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Elfe noir - Inquisiteur sanglant
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♦ Date d'inscription : 07/07/2013
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MessageSujet: Protèger l'Innocence {PV}   Lun 29 Juil - 13:15

« Plus loin on regarde vers le passé, plus loin on voit vers l'avenir. »
Churchill

Parce que parfois la plus stupide des missions peut devenir à elle seule le revirement de toute une vie. Les choses passent, elles avancent, font leur bout de chemin, sans même prendre la peine de se soucier de ce que peut penser le commun des tristes mortelles peuplant les terres organiques du cercle de la vie. Certain appelle ça, le destin, d’autre, l’ironie du sort, ou encore, la vie elle-même. On ne sait jamais sur quoi l’on peut tomber. Un pas de trop vers la gauche, et c’est la chute fatal. Un pas de trop vers la droite, et c’est la destruction de tout un monde, de tout un rêve, de toute une vie. Qu’importe. Le destin n’existe pas, et toute chose se passant dans la vie d’un homme n’est pas une fatalité. Pour lui, non, c’est comme ça, et pas autrement. L’esprit cartésien n’avouera jamais que son triste sort n’est dû qu’au destin, ou autre croyance bien stupide en somme. C’est comme ça, pas autrement. C’est tout. Un fait. Un évènement, la continuité parfaite d’un passé sans doute peu glorieux. Dans le fond, on lui a tiré dessus, oui, et alors ? Le sang coule de son corps, venant mouiller les feuilles mortes, une plaie béante, il n’a pas vraiment mal. Il n’a pas vraiment peur de mourir non plus. Une flèche. Une embuscade. Une revanche. Le fruit de la haine, l’envie viscéral d’assouvir la vengeance. De punir le criminel qui ne rejettera en rien ses erreurs. Conscient de sa culpabilité, mais pas moins honteux de l’avoir fait. Il a voulu jouer. Il a perdu. Echec et Mate. Rien de plus. Rien de moins. C’est le court banal d’une vie sans doute banale. Les méchants vivent, font le mal, et finissent toujours par périr. Alors à quoi bon pleurer l’impleurable ? A quoi bon, sauver l’insauvable ? A quoi bon, blâmer l’imblâmable ? Il a fait des erreurs, beaucoup d’erreur. Il a fait le pas de trop vers la gauche et il est tombé. Tomber, pour sauver. Fin de l’histoire. Une chute stupide, stupide façon de perdre, stupide, imbécile qu’il est. Il s’en énerve. Mais dans le fond, quelle importance ? Salvar et tombé. Et l’humanité ne s’en portera que beaucoup mieux…

Mais on ne vit pas dans le passé. On le subit.
Les missions c’est comme la corvée. On les accepte parce que l’on n’a pas le choix. Le seul choix que l’on est libre de faire, c’est de choisir la façon de s’y rendre, comment faire, mais ne pas chercher plus loin. On fait, parce qu’on doit. Entre le devoir et l’ordre le chemin n’est qu’un tout petit fossé franchissable. Rien de plus. Un saut en avant, un seul, un pas, un seul, rien de plus. On lui a ordonné, alors il a fait. La seule erreur fut de ne pas choisir le bon chemin. Les forêts sont sombres, tranquilles, petit endroit paisible, normalement sans embuche pour lui. Oui. Les bois, il les connait. Il les connait pour y avoir vécu. Pour y avoir passé la plus grande partie de sa vie. Il a tué, il a torturé à même ces bois, ils n’ont aucun secret pour lui. Et il le sait, ils ne le trahiront pas. Marchant lentement, les mains dans les poches de son pantalon, le silence palpable, pas un mot, rien. L’erreur stupide de ne pas écouter. De ne rien faire. De ne pas lever l’oreille et de faire, comme il se doit être fait. Tout n’est que calme absolue. Alors dans un geste, il se retourne, regardant l’Innocence qui le suit. Et pour la première fois, un soupçon de sourire. Un mince rictus, juste, ce qu’il faut. Uniquement ce geste, cette envie soudaine de lui parler, cette envie pulsionnelle de briser le silence, et d’enfin la regarder dans les yeux, briser, toutes ces choses qui les entourent. Il la regarde, marchant sans même prendre la peine de regarder où ses pas le mènent, à reculons, et tel le gauche, trébuchant sur une branche. Et du sourire nait alors le rire. Un simple petit son sortant des méandres de ses lèvres fines. Juste, un rire, rien de plus. Il se sent bien. Il se sent… Humain. Chose rare. Les mains encore maculées du sang de sa victime de la veille, mais pourtant, dans ses yeux, plus de vide, plus de peur, plus de doute. Juste, ce petit regard emplis d’un sentiment nouveau. Elle est belle l’Innocence. Il ne peut le nier. Il ne peut, et ne veut pas… Alors ses lèvres s’entrouvrent enfin, et veut parler. Il veut… Il voudrait… Mais jamais ne le pu…

Et les erreurs sont parfois impardonnables.
Le son d’une branche qui craque, la sensation du vent qui change, une présence, inconnue, indésirable, et la respiration qui se braque. Plus de rire, plus d’envie de parler, rien. Juste, cette attention portée sur autre chose, un autre sujet, oublier ce que nous voulions faire, pour se focaliser sur une source potentiellement dangereuse. Un seul pas en avant, un, petit, discret, le pied qui se lève dans le silence le plus total, et un doigt posé sur ses lèvres, lui intimidant de ne pas parler, de ne pas bouger… De ne rien faire. Et c’est avec rapidité et précision que Salvar sort son arc, le braquant sur un point quelconque, déclenchant la première flèche qui vient se planter droit dans la poitrine de l’imposteur. Une seule. Il n’eut jamais le temps de déclencher la seconde. Il n’oubliera sans doute jamais la sensation du métal froid se planter dans son corps. Et le sang chaud, coulant de par la plaie, venant mouiller l’herbe, ses jambes, coulant sur ses pieds. Les yeux qui se ferment, et cette volonté de la protéger… Elle. Oui. Un pas, furtif, un seul, et sa façon à lui de venir s’empaler dans l’arme du crime, pour la survie de l’Innocence. S’en suivit d’une lutte acharnée. L’arme à la main, oubliant la douleur, oubliant ce sang, oubliant tout. Coupé du monde, l’adrénaline pouvant parfois faire des miracles. Il ne sait comment ses jambes le maintenaient debout. Mais un par un, corps par corps, coups par coups, ils tombèrent comme des mouches, tous, sous son unique lame. La colère, la haine, les Elfes de la Lorien d’antan se firent massacrer sans aucun jugement, sans rien. Il les tua, tous, avant de tomber à son tour. Fatigué, exténué, blessé. Sentant l’heure pour lui de venir fermer les yeux. Son heure. Son dernier jour. Sa dernière nuit. N’ayant pour seul remord l’absence de parole. Jamais il n’aura la chance de lui parler. Jamais… Il n’aura plus la chance, de lui faire part de ses regrets les plus profonds… Les yeux dans ceux de l’Innocence, le souffle coupé, court, discret et forcé, il voudrait tant le lui faire comprendre… Tant… Les lui dire…

Alors sa main vient attraper celle de sa protéger. Sans ne rien dire, et ce sourire qui renait sur ses lèvres… Oui, Salvar le sait… Il peut mourir… Il n’est pas seul…

Meurt vieux lâche, il est trop tard
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